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Les alpages
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Charte des alpages 74 |
Documents techniques
Les alpages
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De l’herbe…
En Pays de Savoie, 250 communes sont concernées par le pastoralisme
et possèdent au moins une unité pastorale* sur leur territoire. La plupart
des stations d’été et d’hiver sont concernées.
1920 unités pastorales sont recensées, ce qui représente au total
232000 hectares, soit 20 % de la surface totale des 2 départements
et près de la moitié de leur surface agricole utile totale**.
Ces
alpages appartiennent pour moitié aux communes, l’autre moitié à des propriétaires
privés, des indivisions et d’anciennes sociétés issues des "albergations"
du Moyen Age.
* Unité pastorale : portion de territoire toujours en herbe d’au moins
10 hectares exploitée par pâturage extensif. Le cheptel y est présent
de façon saisonnière pour des raisons d’altitude ou de climat, sans retour
journalier possible au siège de l’exploitation.
** Surface agricole utile totale = SAU des exploitations + alpages
exploités collectivement et non rattachés à une exploitation au sens du
Recensement Général de l’Agriculture.
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Des
hommes et des emplois…
3700 éleveurs utilisent ces alpages, soit à titre individuel, soit
à titre collectif en confiant leurs animaux en pension, généralement à
des groupements pastoraux.
Le maintien du système agropastoral ancestral qui préserve l’équilibre
entre les sièges d’exploitation et les alpage est essentiel à l’agriculture
des Savoie.
Depuis près de 20 ans, un groupement pastoral commun aux deux départements
rassemble 65 éleveurs (Savoyards, Hauts-Savoyards et Isérois) pour l’organisation
de la transhumance hivernale de génisses vers l’Ardèche et le Var. Il
permet l’hivernage de 600 génisses dans les pare-feu du Var et contribue
ainsi à la défense des forêts contre les incendies…
On dénombre 220 à 250 bergers salariés, en majorité en Savoie.
Il convient d’ajouter à ce chiffre 25 à 30 fromagers d’alpages laitiers
collectifs.
Les
bergers salariés des Savoie sont regroupés en une association dénommée
"Profession Berger", active en terme de reconnaissance de la profession,
structuration du métier, formation et communication. C’est Delphine OGGERI,
bergère à Granier et championne du monde de ski/alpinisme avec Valérie
DUCOGNON, qui préside aujourd’hui cette association.
Par ailleurs, les bergers constituent un maillon important de l’opération
"Un berger dans mon école" initiée par les Sociétés d’Économie Alpestre
des deux départements savoyards.
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Des animaux…
Les bovins sont présents dans tous les massifs, les alpages savoyards
sont des alpages laitiers avant tout. On dénombre ainsi 23000 vaches
laitières surtout de races Abondance et Tarine, races fétiches
et "tout terrain" des Pays de Savoie.
Le
nombre des laitières en alpage est en légère augmentation depuis 10 ans
alors que, dans le même temps le cheptel bovin des deux départements savoyards
a régressé. Un cas unique pour l’ensemble de la montagne dû pour partie
à l’organisation de nos productions fromagères sous label de qualité et
à la force de l’image des Alpages dans l’esprit des consommateurs.
32000 autres bovins (génisses, vaches allaitantes, animaux de boucherie)
parcourent également les alpages ainsi que 160000 ovins dont 100000
sont issus de la grande transhumance en provenance du sud de la France.
Et puis, on peut rencontrer également 11000 chèvres laitières,
chiffre en nette augmentation ces dernières années ainsi que 900 chevaux,
principalement en Haute-Savoie.
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Des produits et des travaux…
Autre fait exceptionnel au niveau national, on compte dans les alpages
des Pays de Savoie 300 ateliers de fabrication fermière saisonnière
avec 6 fromages sous signes de qualité : Reblochon, Beaufort, Tomme,
Abondance, Tome des Bauges, Chevrotin,... ainsi qu’un label "Agneau
d’Alpage".
Le
chiffre d’affaire annuel de l’ensemble des productions d’alpages (lait,
fromages et viandes) pendant 120 jours en moyenne est estimé à 27 millions
d’euros (176 millions de francs) par les Sociétés d’Économie Alpestre.
Chaque année il se réalise sur les alpages 3 à 3,2 millions d’euros (20
à 21 millions de francs) de travaux d’équipement et améliorations qui
concernent les accès, l’eau, les toitures, les bâtiments, les salles de
traite, la mise aux normes des ateliers de fabrication, l’énergie, le
débroussaillement, la réalisation de sentiers et passages facilitant la
randonnée ainsi que la réalisation de lieux d’accueil et de séjour. L’ensemble
de ces travaux est conduit par les Services Alpages des deux départements
en lien avec les Services des Chambres d’Agriculture et les Directions
de l’Agriculture et de la Forêt.
Les financements sont assurés par les propriétaires privés ou publics
et environ 40 % d’aides provenant de la Région Rhône-Alpes, des Conseils
Généraux et, dans certains cas de l’État.
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Dans un environnement naturel et culturel remarquable…
Au fil des siècles, les éleveurs de montagne ont façonné des paysages,
inventé des modes d’exploitation durables et ont constitué des réserves
de biodiversité incontestables.
Au-dessous
de 1700 mètres en effet, c’est le royaume de l’arbre et les alpages ont,
en fait, été conquis, "essartés", sur le domaine forestier. Lorsque la
"force de tonte" des animaux diminue ou disparaît la forêt reprend naturellement
ses droits.
Cet équilibre écologique et paysager entre pâture et forêt est une conséquence
directe des pratiques séculaires de l’agropastoralisme et du
pacte ancien qui lie, en montagne, l’homme, l’herbe et l’animal.
Les éleveurs sont les gardiens de ce pacte vis-à-vis de la société. A
ce titre, ils souhaitent pouvoir vivre de leur activité et être soutenus
dans leurs pratiques.
Si les alpages hébergent en été des animaux domestiques, ils abritent
également de façon permanente une faune sauvage très variée avec
des espèces directement inféodées aux pratiques pastorales : insectes,
oiseaux, petits et gros mammifères…
Les
alpages recèlent aussi de nombreux lacs et réserves d’eau et de
multiples zones humides. Bon nombre de captages publics et privés sont
situés dans des périmètres pastoraux. La préservation de ces ensembles,
la protection des périmètres de captage ainsi que la gestion intégrée
des hauts bassins versants constituent un véritable défi pour les deux
départements et leur population croissante.
Faire vivre et évoluer les techniques et la culture alpestre en
relation, en harmonie avec les grands pôles urbains régionaux, et avec
nos voisins suisses et italiens, tel est le défi que nous devons relever
pour la cause de nos montagnes. Les journées de l’alpage de Megève en
alternance avec le Festival des Métiers de Montagne de Chambéry, constituent
pour cela une formidable tribune ; merci à tous nos partenaires financiers
de l’avoir compris, et particulièrement à nos partenaires institutionnels
: les Conseils Généraux de Haute-Savoie et de Savoie, l’Assemblée des
Pays de Savoie, le Conseil Régional Rhône-Alpes ainsi que les Services
de l’État.
Pierre Lachenal et Pierre Guelpa
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