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Au quotidien

Une journée dans la vie d’un berger

Les rôles du berger au sein d’une exploitation sont variés : traite, entretien et nettoyage du matériel, conduite du troupeau, alimentation, soins vétérinaires, entretien des parcs (protection des zones de captage, limitation de l’embroussaillement et des risques d’avalanche)…
Par cette activité agropastorale, le berger a aussi contribué au façonnement du paysage à travers la déforestation et en maintenant des pelouses naturelles et des milieux ouverts bénéfiques à la faune et à la flore.

Le métier de berger peut se résumer en six principaux points.  Être berger, c’est :

- Travailler en équipe pour les bergers bovins et/ou travailler seul (de moins en moins vrai avec l’emploi d’aide-bergers dans les zones de prédation) pour les bergers ovins durant les 100 jours de la période d’estive.

- Vivre en plein air en altitude et s’adapter aux conditions de milieux de montagne (il n’est pas rare de se retrouver avec des chutes de neiges dès le mois de juillet sur les alpages).

- Avoir la garde et la responsabilité d’un troupeau de vaches, de moutons ou de chèvres, et en assurer le bien être (notamment par les soins).

- Gérer un alpage vaste et varié : avoir suffisamment d’herbe pour le troupeau pendant toute la saison sans compromettre les années futures.

- Assurer une production de qualité :
  - Grâce aux compétences et aux formations de chacun
  - Grâce aux suivis techniques
  - Grâce aux formations internes.

- Dans certains cas, informer voire accueillir les visiteurs et les randonneurs de passage et renforcer l’image de l’agriculture de montagne.

Les principales qualités du berger sont : la vie en solitaire ou en groupe (selon l’alpage), l’adaptation à la vie en montagne (climat, confort modeste, horaires…), la bonne connaissance de la montagne et du troupeau.

Par ailleurs, le métier de berger nécessite des ressources physiques et morales indispensables (on ne va surtout pas en alpage pour faire le point sur sa vie personnelle ou dans sa tête ; au regard des missions confiées au berger, il est nécessaire pour celui-ci d’être bien dans sa tête), du fait du rythme journalier intense.
 

Rythme journalier des bergers avec un troupeau de bovins

Rythme journalier du berger avec un troupeau de bovins

Matin

Après-midi

3h00

Lever

14h00

Rassemblement du troupeau et traite

3h30

Rassemblement du troupeau et traite

17h00

Livraison du lait et lavage de l’installation de traite. Déplacement des vaches pour le repas de nuit, parcs

7h00

Livraison du lait pour la fabrication, lavage de la salle de traite et du matériel de transport du lait

19h00

Repas et repos jusqu’au lendemain

8h00

Déplacement du troupeau pour son repas (parfois unique dans la journée)

L’organisation de la journée d’un berger en alpage diffère d’un alpage à l’autre compte tenu des méthodes de travail variables. Ces schémas types sont donc modulables selon les exploitations et selon la période de l’alpage, mais donne un aperçu concret du rythme de travail.

9h00

Repas et repos

10h00

Installation de nouveaux parcs pour les jours à venir, retrait des parcs déjà pâturés, entretien de l’alpage

12h00

Repas et repos

A tout ce travail, il faut rajouter un temps pour aller se ravitailler quand il en est décidé ainsi entre l’employeur et les salariés. En général, le ravitaillement se fait une fois par semaine. De plus, certains travaux plus irréguliers, comme le déplacement de la machine à traire ou des travaux d’entretien de l’alpage sont à ajouter.

Rythme journalier des bergers avec un troupeau d'ovins

Dans un premier temps, il est important de décrire rapidement les types d’élevage présents sur le département savoyard.

Il existe deux types différents : les gros troupeaux transhumants ou non qui ont dépassé le seuil économique permettant d’embaucher des salariés et les petits troupeaux savoyards qui ne sont pas gardés mais surveillés de manière épisodique par l’alpagiste.

Lorsque le troupeau est gardé de manière continue, le berger a un emploi du temps relativement fixe.

La première étape est appelée "premier repas".
Au lever du soleil, le troupeau quitte le parc de nuit pour se diriger vers la zone de pâturage.

Aux heures de la journée les plus chaudes, c’est la chôme : les moutons cessent de s’alimenter.
C’est durant cette étape que le berger en profite pour réaliser les travaux de soin sur le troupeau ou d’entretien de l’alpage.

Enfin, la dernière étape est le second repas : après la chôme, le troupeau est dirigé vers une nouvelle zone de pâturage, jusqu’au coucher du soleil, moment où le troupeau se dirige vers le parc de nuit.

Le métier berger s’est modernisé dans l’ombre. Le berger est devenu un technicien d’alpage. Ces dernières années, des formations au métier de berger se sont développées.

Les besoins en formation, exprimés par les bergers eux même, sont représentatifs d’une prise de conscience, celle d’exercer un métier à la fois basé sur des traditions (culture pastorale) mais devenu très technique (évolution de la traite, transformation du lait, soins vétérinaires, chiens de conduite, gestion d’un alpage, tenu d’un cahier des charges, espace partagé, mesure agri-environnementales...).

Ainsi, même si le métier de berger nécessite un savoir faire extrêmement important acquis par l'expérience, la formation, à l’instar de n’importe quel métier, est devenu nécessaire. L’image du vieux berger barbu, avec son béret, isolé dans la montagne, n’est plus en adéquation avec la réalité.

Prenons comme exemple les paroles de Delphine Oggeri, bergère et présidente de l’association des bergers : «Pour la plupart des gens, on correspond encore à une image d’Épinal : le berger qui part le matin avec son chien, tranquille, qui se ballade toute la journée avec son troupeau, et qui rentre le soir. En fait, désolé, mais c’est pas ça du tout. Le métier s’est modernisé ; on est des techniciens de l’alpage avant tout, même si on s’appuie sur les savoir-faire, des habitudes, des connaissances, que nos ancêtres connaissaient déjà».

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